Nos partenaires unissent leurs voix pour la conservation des grands singes

Published on 5 octobre 2026
ICON/BTN/arrow/2/arrow-down Created with Sketch. Connaissance et suivi de la biodiversitéNos partenaires unissent leurs voix pour la conservation des grands singes

Du 8 au 11 septembre 2026, Yaoundé a accueilli le 4ᵉ Congrès de l’African Primatological Society (APS), sur le thème « Primatologie éthique : reconnaître le rôle des communautés et des peuples autochtones dans la conservation des primates d’Afrique ».

 

Parmi les participants, sept organisations y étaient réunies sous une même bannière : l’Alliance GSAC (Alliance pour la Conservation des Grands Singes en Afrique Centrale), réseau soutenu par le PPI depuis sa création. Toutes également accompagnées par le PPI, à travers des partenariats actuels ou passés, elles sont actives dans quatre pays du bassin du Congo — ERuDeF, Sekakoh et TF-RD au Cameroun, PROGRAM au Gabon, ESI Congo en République du Congo, FODI et Mbou-Mon-Tour en RDC — et couvrent ensemble la protection des quatre espèces de Grands Singes du continent : gorille des plaines (Gorilla gorilla gorilla, CR), gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri, CR), chimpanzé commun (Pan troglodytes, EN), chimpanzé Nigeria-Cameroun (Pan troglodytes ellioti, EN) et bonobo (Pan paniscus, EN). Six des sept membres y ont porté une communication scientifique, pour un total de 13 interventions, en plus d’un stand commun.

 

Photo de couverture de la page Facebook de l’Alliance GSAC.

 

Un réseau qui parle d’une seule voix

 

Pendant quatre jours, les membres de l’Alliance ont présenté leurs travaux de terrain, avec un fil conducteur commun : la conservation des grands singes ne se pense pas sans les communautés locales. Corridors écologiques, coexistence avec l’agriculture et l’élevage, éducation environnementale, lien entre conservation et écotourisme, etc.

 

 

 

Le Congrès s’est ouvert sur la keynote du Dr Manfred Epanda (TF-RD), consacrée aux enseignements du dialogue communautaire pour une conservation éthique au Cameroun. L’ONG gabonaise PROGRAM y présentait de son côté vingt années de conservation à Moukalaba-Doudou, racontées à travers l’évolution du métier de pisteur vers celui d’acteur communautaire à part entière.

 

Selon Romida, chargée de communication de l’Alliance GSAC, l’ambiance sur place a été à la hauteur de l’événement : forte affluence de chercheurs et de professionnels de la conservation, échanges continus aux stands, et une audience engagée dans les débats.

 

 

Ekwoge Abwe, nouveau président de l’APS et directeur de la Cameroon Biodiversity Association (CamBio), organisatrice du Congrès, résume l’esprit de cette édition :
«  Le 4ᵉ Congrès de l’African Primatological Society a démontré qu’une conservation efficace des primates doit être à la fois fondée sur la science et centrée sur les personnes. En réunissant autour de la même table communautés autochtones et locales, praticiens des aires protégées, société civile, chercheurs et bailleurs, le Congrès a renforcé un engagement commun : transformer les preuves scientifiques en actions de conservation pertinentes localement, inclusives et durables à travers l’Afrique. »

 

Un constat partagé par Matthew Lewis, responsable du programme Grands Singes et Gibbons de la Fondation Arcus :
« CamBio et ses partenaires ont accompli un travail remarquable pour accueillir à Yaoundé des participants venus de toute l’Afrique et d’ailleurs pour le 4ᵉ Congrès de l’African Primatological Society. L’accent mis sur la participation des peuples autochtones et communautés locales (PACL) a été particulièrement impressionnant : leur présence au Congrès même a nourri des échanges riches entre chefs de village, conservateurs du Ministère camerounais des Forêts et de la Faune (MINFOF), chercheurs et organisations de la société civile africaine — un véritable modèle, qui incarne ce qu’il faut pour concilier conservation et bien-être humain. »

 

Une table ronde pour clôturer le congrès

 

Au-delà des communications individuelles, les membres de l’Alliance ont aussi porté une table ronde commune le 11 septembre, consacrée à plus de trois décennies de conservation communautaire des grands singes en Afrique Centrale. Comme le raconte Roméo Fopa, de l’Alliance GSAC, l’objectif n’était pas de dérouler des “success stories”, mais de confronter les résultats de leur étude socio-écologique, l’expérience de terrain des organisations membres et la parole réelle des bénéficiaires de leurs programmes.

 

Plusieurs questions structurantes en sont ressorties : comment construire une véritable confiance avec les communautés ? Comment passer d’une simple participation à un réel pouvoir de décision local ? Comment gérer la coexistence quand ce sont les communautés qui supportent directement les coûts liés à la présence des grands singes ?

 

Un des enseignements marquants de l’étude de l’Alliance : améliorer les moyens de subsistance ne suffit pas, en soi, à réduire la pression sur les ressources naturelles. Il faut d’abord comprendre les moteurs spécifiques de cette pression sur chaque territoire, et concevoir les interventions économiques en fonction de ces moteurs plutôt que d’appliquer un modèle unique — les réalités du Cameroun, de la RDC, du Congo et du Gabon restant, sur ce point, très différentes.

 

 

À propos de l’appui du PPI, Roméo Fopa souligne un accompagnement inscrit dans la durée, à la fois dans la structuration du réseau et dans le développement des organisations qui le composent — un accompagnement qui a permis, selon lui, une évolution notable : ces organisations locales ne se contentent plus de présenter leurs activités de terrain, elles produisent aujourd’hui leurs propres données et contribuent directement aux débats scientifiques sur la conservation.

 

Si l’on devait résumer ce Congrès en une idée, ce serait celle-ci, selon Roméo :
«  On passe progressivement d’une conservation communautaire où l’on demande aux communautés de participer à des projets, vers une conservation où les acteurs locaux doivent avoir davantage de pouvoir dans la conception, la décision, la mise en œuvre et l’évaluation des actions de conservation. »

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