Interview d’Ousseynou Diouf, Président du comité de gestion de l’AMP du Gandoule au Sénégal

Published on 24 juin 2021
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  1. Pouvez-vous nous présentez en quelques mots la réserve ?

 

L’Aire Marine Protégée communautaire du Gandoule a été créée en 2014, avec une superficie initiale de 15732 ha. Elle a connu une extension en 2021 qui a amené sa taille à 28121 ha. Elle se localise dans la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS). L’hydrologie est composée du fleuve Saloum et du Diomboss. Sa flore est composée pour l’essentiel par des écosystèmes particuliers de mangrove. Quant à sa faune, nous observons de mammifères (dauphins, lamantin d’Afrique, hyène tachetée…) des oiseaux (flamants rose, sternes, cormorans, héron Goliath, goélands…). Parmi ses organes de gouvernance, nous avons un comité de gestion composé par des acteurs locaux issus des 04 communes qui jouxtent le Site. L’Etat Sénégalais a également mis à disposition une équipe d’agents pour faire la surveillance et les actions de gestion du site au quotidien avec le comité de gestion.

 

 

  1. Grâce à un décret présidentiel, l’AMPG a presque doublé de taille cette année, comment avez-vous fait pour travailler avec les nouvelles communes concernées ?

 

Les acteurs des trois communes qui se sont jointes à l’extension sont déjà intégrés, avec l’appui du PPI, dans le comité de gestion lors du renouvellement des membres le 02 octobre 2020 (mairie, citoyens, groupements de pêcheurs et de femmes). Ceci a pris la forme d’un fort exercice de pédagogie et de concertation. Déjà, ces acteurs occupent de postes stratégiques (Vice-présidence, trésorier, secrétaire général, commission partenariat…). Toujours avec l’appui du PPI, nous avons identifié avec les acteurs locaux des sites prioritaires de conservation. Aujourd’hui, l’administration de l’AMP a affecté trois agents pour encadrer les acteurs locaux (zone d’extension) pour une meilleure gestion du site. Des perspectives de développement d’activités génératrices de revenus et le développement de l’écotourisme sont prévus pour accompagner les communautés locales dans l’atténuation de la pression sur les ressources.

 

 

  1. Vous avez accueilli 3 autres OSC bénéficiaires du PPI en février dernier lors d’un séminaire d’échanges, quelles perspectives de collaboration voyez-vous possible après le PPI ?

 

Déjà, chaque OSC bénéficiaires, a su avec l’appui du PPI, mettre en place des activités allant dans le sens de la conservation des ressources biologiques. La première étape est de faire des visites d’échanges pour partager sur les meilleurs résultats obtenus par OSC ou de réaliser de petits films documentaires qui seront mis à la disposition de chaque OSC. Ensuite, de maintenir nos relations avec le PPI, pour qu’ensemble, nous puissions mettre en place un projet inter OSC au profit de la conservation de la biodiversité dans nos AMP et périphéries. Nous espérons également partager avec notre gouvernement les réalités du terrain pour qu’il prenne des décisions législatives et d’allocations de budget pertinentes. Nous pouvons utiliser les administrations des aires protégées pour cela. Ce qui pourra maintenir nos relations.

 

 

  1. Question plus personnelle : comment avez-vous décidé de devenir président du comité de gestion et qu’est-ce qui vous motive ?

 

J’ai longtemps appuyé, volontairement, le développement de la commune de Djirnda avant la création de l’AMPG. Ainsi, je faisais partie du Conseil des Animateurs pour le Développement de la commune de Djirnda (CADD). En effet, ce sont les communautés locales, elles-mêmes, qui ont porté leur choix sur ma personne. Ce qui peut être expliqué par la proximité des actions (approche genre, formations, appui aux AGR…) du CADD. Les acteurs ont renouvelé leur confiance à mon égard lors du renouvellement des membres du comité de gestion le mois d’octobre passé. Mon objectif est de contribuer à la gestion durable des ressources naturelles dans les quatre communes.

 

 

  1. Quels conseils donneriez-vous à des comités de gestion d’aire protégées en Afrique de l’Ouest ou à des habitants riverains d’aires protégées?

 

Ce qui est plus important dans vos associations locales, c’est la concertation dans toutes les décisions et l’obligation de rendre compte des activités du comité de gestion aux membres et aux communautés riveraines du site. Du fait des enjeux multiples liés à la conservation et la nécessité d’apporter vos contributions à la satisfaction les besoins humains fondamentaux des communautés, vos comités de gestion doivent jouer, avec l’appui des services techniques déconcentrés, le rôle propulseur d’appui au développement socioéconomique et environnemental en nouant des relations partenariales avec les ONG. Partant de cela, développer des initiatives locales pour un financement endogène en faveur de la conservation.

Pour les habitants riverains, leur rôle est de participer à la gestion durable des ressources naturelles de leurs terroirs et d’appuyer les initiatives intervenant dans ce sens.

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