Focus : YVEO

Published on 11 juillet 2022
ICON/BTN/arrow/2/arrow-down Created with Sketch. Conservation des écosystèmesFocus : YVEO

Renforcer l’intégrité écologique du lac de Buyo au sein du Parc National de Taï à travers une gestion concertée et efficace des ressources et une diversification des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs environnantes.

 

Le lac de Buyo est situé au Sud-ouest de la Côte d’Ivoire et sur la limite Nord du Parc National de Taï (PNT). De par sa superficie (8 400 ha), l’importance qu’il revêt aujourd’hui pour ses populations riveraines (environ 2 000 habitants) et sa proximité avec le PNT, la bonne gestion de ce lac artificiel à vocation hydroélectrique, dont les poissons sont exportés jusqu’à Abidjan, est une nécessité. Si le PNT a de son côté le statut de Réserve de Biosphère et abrite plus de 1200 espèces végétales dont environ 200 sont endémiques à l’Afrique de l’Ouest, 140 espèces de mammifères (12 endémiques) dont les plus emblématiques sont probablement l’Eléphant de forêt (Loxodonta africana cyclotis, VU), l’Hippopotame pygmée (Choeropsis liberiensis, EN) et le Chimpanzé (Pan troglodytes, EN), 234 espèces d’oiseaux, et de nombreuses espèces d’amphibiens. Le lac de Buyo est quant à lui davantage connu et apprécié pour sa diversité ichtyologique évaluée à plus de 32 espèces reparties en 13 familles qui font vivre directement et indirectement plus de 2000 acteurs de la filière halieutique (pêcheurs, mareyeuses…).

 

Matérialisation d’une zone de fraie.

 

Malheureusement, ces ressources sont aujourd’hui sérieusement menacées par les mauvaises pratiques de pêche (telles que la pêche dans les zones de frai, l’utilisation de filets non règlementaires ou de techniques prohibées) ; le laxisme dans l’application des textes qui régissent la pêche en eaux continentales, l’absence de structuration des acteurs de la pêche et l’augmentation de la pression de pêche par des populations locales et étrangères trop fortement dépendantes de la ressource pour vivre.

 

La fin d’un projet mais pas d’une dynamique !

 

Pour rappel notre projet de « gestion communautaire durable du lac de Buyo au sein du Parc National de Taï (PNT) » est le fruit d’un partenariat conventionné entre l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) et notre ONG Yacoli Village Ecole Ouverte (YVEO). Il s’était appuyé dans sa phase de conception sur les actions prioritaires mentionnées dans la convention locale multi-acteurs de 2017 visant à renforcer l’intégrité écologique du lac de Buyo. Il a pour cela été financé par le PPI-5 entre 2019 et 2021. Notre projet aura notamment permis :

– La création et l’opérationnalisation d’une organisation faitière de pêcheurs pour le lac appelée « cellule de gestion » ;

– La mise en place d’un « comité de pilotage » cadre de concertation et de dialogue multi-acteurs (constitué de membres de la cellule de gestion, d’YVEO, de l’OIPR[1], du MIRAH[2], de représentants du Conseil Régional de la Nawa et du Préfet de Buyo) ;

 

– La délimitation et la matérialisation participative de 108,13 ha de zone de frai sur le lac ;

– Le développement et la mise à la disposition des acteurs de la pêche (OIPR, service Pêche, pêcheurs) d’un outil de suivi des captures (fiche de collecte de données) ;

– L’installation de 03 hectares de plantation de bois énergie « Acacia mangium» ;

– Le développement de 5 fermes pilotes dont 3 fermes en aulacodiculture au profit de 3 associations de pêcheurs hors du parc (Zoba, Dera et 5 Kilos) et 2 fermes en apiculture au profit de 2 associations de pêcheurs qui se trouvent dans le parc (PK 15 et PK 28).

Toutes ces activités ayant permis fin 2021 de noter la réduction d’environ 60% des cas d’activités illégales de pêche recensés sur le lac. Un résultat qui est pour nous très encourageant. D’autant plus au regard éprouvant de la période traversée liée à la pandémie de COVID-19, aux crises dues aux dernières élections communales et présidentielles en Côte d’Ivoire et enfin au décès de notre regretté ex-président Raymond Y. SIBAILLY.

 

 

Et oui officiellement du point de vue du PPI notre projet est terminé ! Toutefois, comme la grande majorité de nos luttes associatives elles ne peuvent se gagner sur des périodes aussi restreintes…c’est la raison pour laquelle YVEO continue de se battre pour que vive et perdure la dynamique amorcée !

 

Nos perspectives…

 

En ce qui nous concerne, plusieurs défis restent encore à relever pour répondre aux besoins. Les plus importants sont sans doute :

 

– Plaider pour la prise d’un arrêté préfectoral interdisant officiellement la pêche sur la zone de frai matérialisée.

– Opérer une veille permanente sur l’effectivité de la gouvernance participative de la pêcherie et au respect des bonnes pratiques de pêche.

– Faciliter des études hydro-biologiques sur la zone de fraie matérialisée.

– Poursuivre l’accompagnement technique de nos bénéficiaires d’unités aulacodicoles et apicoles.

– Mettre en place une boutique écologique de vente de matériels de pêche respectant la réglementation.

– Etendre nos actions tout autour de l’aire du PNT.

 

Pour réaliser ces activités et atteindre nos ambitions, nous travaillons aujourd’hui activement à renforcer notre équipe bénévole d’une part (notamment par la mobilisation de stagiaires et volontaires nationaux et internationaux) et nos capacités à mobiliser des ressources d’autre part. Prenant l’éléphant par les défenses (pour ne pas dire le taureau par les cornes), nous avons d’ailleurs décidé d’organiser ce mois de juin et sur fonds propres une formation d’une semaine sur le sujet. Celle-ci sera animée par Damien, le coordinateur régional PPI pour l’Afrique de l’Ouest au bénéfice de l’ensemble de notre équipe. Il s’agit là d’une première pierre posée sur le chemin de la régénération d’YVEO sous l’impulsion de son nouveau président M. KOUAME Khassy Georges.

 

Formation à la vie associative.

 

[1] Office Ivoirien des Parcs et Réserves

[2] Ministère des Ressources Animales et Halieutiques

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