COP17 : les OSC africaines tentent de faire entendre leur voix à Erevan

Published on 29 octobre 2026
ICON/BTN/arrow/2/arrow-down Created with Sketch. Développement organisationnelCOP17 : les OSC africaines tentent de faire entendre leur voix à Erevan

La COP17 de la Convention sur la diversité biologique se tient du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal, et à quatre ans de l’échéance de 2030, elle doit mesurer les progrès accomplis et accélérer la mise en œuvre des 23 cibles mondiales. Au sein de la délégation du Comité français de l’UICN, quatre organisations de la société civile partenaires du PPI sont venues porter la voix du terrain. 

 

Financer la biodiversité : les acteurs de terrain encore en marge 

 

Le financement reste le sujet le plus sensible de cette COP. Le Cadre mondial prévoit de mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an d’ici 2030, dont 30 milliards de financements internationaux pour les pays en développement. A l’heure où les négociations sont toujours en cours, les délégations divergent encore sur le niveau de ces financements, sur les pays appelés à contribuer et sur les mécanismes chargés de les gérer. 

 

Cette question des moyens concerne directement les organisations de la société civile (OSC) locales. Ancrées dans leurs territoires, elles portent des solutions concrètes et durables pour la gestion des ressources naturelles, et contribuent à l’atteinte des objectifs du Cadre mondial. 

 

Pourtant, les textes de négociation appellent régulièrement à mieux inclure les OSC locales et les peuples autochtones, mais ces intentions se traduisent encore peu en reconnaissance et en financements. 

 

Parmi les 50 ONG disposant des plus gros budgets annuels, on ne trouve que de grandes ONG internationales, majoritairement américaines. Et les 5 premières organisations de ce classement captent 50% des financements.  

 

Ces OSC locales restent encore insuffisamment visibles dans les grandes conférences internationales, où institutions et organisations internationales sont omniprésentes. 

 

C’est dans ce contexte que le PPI a accompagné quatre de ses partenaires à Erevan (ECO-Bénin, SOS Savane, ABOYERD et Mbou-Mon-Tour), pour leur permettre de : 

• faire reconnaître leur contribution aux objectifs mondiaux en…  

• intervenant dans des sessions et des événements parallèles ;  

• rencontrer des partenaires techniques et financiers et ainsi créer…  

• des opportunités de financement pour soutenir leurs activités. 

 

Une émission de radio de RFI : ‘C’est pas du Vent’ a été enregistrée avec le thème « COP 17 Biodiversité à Erevan en Arménie : et sur le terrain, ça change quoi ? » avec Stéphanie Bouziges-Eschmann du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), Paul Estève du Programme des Petites Initiatives du Comité français de l’UICN, Clément Aubert de Nature Conserv’action, Augustine Kasambule de l’ONG Mbou-Mon-Tour en République Démocratique du Congo et Farid Bahleman Amadou de l’ONG SOS Savane au Bénin. 

 

 

Ce qu’ont à dire nos partenaires 

Un écart entre les engagements et les réalisations 

 

À quatre ans de 2030, l’urgence revient dans tous les témoignages. Augustine Kasambule, de l’association Mbou-Mon-Tour, s’interroge sur le décalage entre les promesses et les actions : « Je me pose la question : est-ce que, dans les quatre ans qui nous restent, toutes les bonnes décisions prises, toutes les bonnes intentions, on sera à même de les mettre en œuvre effectivement ? » 

 

Valery Binda, de l’association camerounaise ABOYERD, partage ce constat : « Le temps presse, les ressources sont limitées et il nous reste à peine quatre ans. Nous devons revoir les plans établis au départ. » 

 

Faciliter l’accès des acteurs locaux aux financements 

 

Le deuxième message porte sur les moyens. Valery Binda est venu demander aux décideurs de renforcer leur soutien technique, technologique et financier aux acteurs locaux de la conservation : « Sans placer ces acteurs locaux au premier plan, je crains que nous n’atteignions pas nos objectifs. » 

 

Augustine Kasambule insiste sur la complexité des procédures : « Les organisations locales travaillent beaucoup et produisent de grands résultats, mais à cause de contraintes techniques et administratives, elles n’ont pas la possibilité d’accéder aux financements. » Elle appelle les bailleurs à alléger ces procédures. 

 

Porter la voix des écosystèmes moins soutenus 

 

Pour SOS Savane, organisation béninoise, l’enjeu était de rappeler que tous les écosystèmes ne reçoivent pas la même attention. Farid Amadou Bahleman explique : « Nous sommes ici pour porter la voix des écosystèmes de savane, qui sont pour la plupart négligés, dans un contexte où les financements et appuis vont majoritairement vers les écosystèmes forestiers. » L’association a pu échanger avec différents bailleurs sur la conservation des espèces menacées, notamment les vautours. 

 

Une première COP, entre apprentissage et espoir 

 

Pour plusieurs partenaires, cette conférence était une première. Mikhaïl Padonou, d’Eco-Bénin, y a mesuré l’ampleur de ce qui reste à faire, mais aussi l’engagement de nombreux acteurs : « Voir tant de personnes de différents horizons engagées dans le multilatéralisme pour la conservation de la biodiversité, c’est quelque chose qui me motive et qui m’aide à garder l’espoir que tout n’est pas encore perdu. » 

 

Les rencontres ont aussi permis de créer des liens. Augustine Kasambule retient de cette COP les échanges avec des organisations d’autres continents, travaillant sur la savane ou sur l’éducation à l’environnement en ville : « Je me suis rendue compte que nous ne sommes pas les seuls. D’autres le font d’une autre manière, et tout concourt à ce grand résultat. » 

 

 

Des engagements à traduire jusqu’au terrain 

 

À Erevan, les partenaires du PPI ont rappelé que les objectifs de 2030 ne pourront être atteints sans les acteurs qui agissent au plus près des territoires. Les compromis attendus devront donc se traduire en financements accessibles, en procédures allégées et en une place reconnue pour les organisations locales. 

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