• Conservation des écosystèmes

Restauration et valorisation de l’écosystème naturel de la réserve du lac Ossa à travers la lutte biologique contre la plante envahissante Salvinia molesta

ICON/BTN/arrow/2/arrow-down Created with Sketch. Restauration et valorisation de l’écosystème naturel de la réserve du lac Ossa à travers la lutte biologique contre la plante envahissante Salvinia molesta

La réserve de faune du lac Ossa est un écosystème lacustre d’une superficie d’eau de 4000ha. Situé dans la ville de Dizangue, dans le département de la Sanaga Maritime, et dans la région du Littoral du Cameroun, le lac Ossa, comme la plupart des zones humides, regorge d’une faune et d’une flore importantes et variées qui donnent un attrait unique à son paysage et, est une source de vie pour les populations riveraines. Ce paysage est pourtant menacé par une plante aquatique invasive, la Salvinia molesta, qui s’impose au détriment des espèces natives. Il regorge d’une biodiversité importante avec plus de 100 espèces de macrophytes, une trentaine d’espèces de poissons réparties dans 18 familles et une vingtaine d’oiseaux aquatiques.

 

Plus de 400 pêcheurs dépendent directement des ressources du lac, et la beauté de son paysage et sa biodiversité attirent de nombreux curieux et enthousiastes de la nature. Sa renommée provient du fait qu’il abrite une grande population de lamantins d’Afrique, de tortues d’eau douce à carapace molle et même de crocodiles nains.

 

La pollution du lac Ossa provient de la prolifération rapide de la Salvinia molesta, fougère aquatique envahissante. Originaire du Brésil, son apparition récente dans le lac est un réel danger pour la biodiversité. Dans des conditions favorables, elle prolifère à très grande vitesse ; doublant de biomasse tous les 10 jours. Elle occupe déjà près de 50% de la surface d’eau du lac Ossa et le danger est une asphyxie de l’écosystème. De plus, cette plante est également une menace pour le lamantin à plusieurs égards : le tapis épais qu’elle forme au-dessus du plan d’eau empêche le mammifère aquatique de faire surface pour respirer l’air atmosphérique.

 

Si rien n’est fait, la plante couvrira bientôt la totalité de la surface du lac et le transformera en un désert aquatique avec des conséquences importantes sur les communautés locales. Afin de répondre à cette menace, AMMCO a initié la lutte biologique en important avec l’autorisation du gouvernement camerounais le charançon salvinia qui est présentement en élevage massif dans les locaux de l’organisation et un relâché pilote a été initié récemment.